
Plusieurs articles de presse et observateurs font le parallèle entre la crise actuelle et celle des années trente.
Pour en avoir le cœur net, j’ai relu le roman « les raisins de la colère » de Steinbeck paru en 1939.
Cette oeuvre a été classée 7ème parmi les 100 meilleurs romans du siècle, dont l’auteur a obtenu le prix Nobel de littérature en 1962 et dont l’adaptation au cinéma par J. Ford remporta plusieurs oscars en 1940. C’est dire la crédibilité de cette œuvre dans sa description de la situation qui a prévalu à la suite de cette crise des années trente. Se déroulant tout le long de la Route 66, appelée Mother Road, le roman décrit le quotidien d’une famille de paysans américains obligés à quitter leurs terres et partir à la recherche de travail en Californie, se nourrissant parfois « de la purée d’orties et des beignets de farine récupérée du balayage d’un wagon de marchandises ».
Au bout du voyage, sur les treize embarqués sur le camion de fortune de la famille Joad : 3 morts, une fausse couche et trois abandons…
Voici deux extraits significatifs :
p.51
La banque ce n’est pas la même chose que les hommes. Il se trouve que chaque homme dans une banque hait ce que la banque fait, et cependant la banque le fait. La banque est plus que les hommes, je vous le dis. C’est le monstre ; C’est les hommes qui l’ont crée, mais ils sont incapables de le diriger.
p.274
C’est ainsi qu’ils changeaient leur mode d’existence, comme seul de tout l’univers, l’homme a la faculté de le faire. De fermiers, ils étaient devenus des émigrants. Et leurs pensées, leurs projets, leurs longs silences contemplatifs qui avaient eu autrefois pour objet leurs champs, visaient maintenant la grand-route, la distance à parcourir à l’ouest. Tel homme dont le cerveau jadis ne concevait qu’en hectares, se voyait à présent confiné pendant des milliers de milles, sur un étroit ruban de ciment. Et ses pensées, ses inquiétudes, n’allaient plus aux chutes de pluie, au vent, à la poussière ou à la croissance de la récolte. Les yeux surveillaient les pneus, les oreilles écoutaient le cliquetis des moteurs, les cerveaux étaient occupés d’huile, d’essence, supputaient anxieusement l’usure du caoutchouc entre le matelas d’air et la route… Toutes leurs volontés, …, leurs craintes, autrefois concentrées sur la sécheresse ou l’inondation, s’attardaient maintenant sur tout ce qui était susceptible d’entraver leur lente progression vers l’Ouest.
Alors la crise d’aujourd’hui a-t-elle ou aura-t-elle des conséquences aussi désastreuses dans les pays industrialisés ? L’actuelle crise donnera-t-elle lieu à une œuvre littéraire ou cinématographique d’une telle force et pertinence comme témoignage pour les générations futures ?
Toujours est-il que dans la prestigieuse Université Harvard, des restrictions sérieuses sur le café ont été imposées, comme en témoigne cette annonce :







Merci M. Balafrej pour votre analyse.
, et on reçoit un jour un email disant que la fontaine d’eau sera supprimée, en guise de première mesure de réduction de coûts au niveau global. Je vous laisse deviner l’ambiance qui a reigné après…
La photo de Harvard me rappelle une anecdote. J’étais en stage il y a un an exactement chez une très grosse entreprise du Fortune 500 (classée au top 5 si ça peut vous aider à la trouver
Ce qui me dérange dans cette crise, c’est les pays riches, seront peut-être un petit peu moins riches pendant 2 ou 3 ans, mais on a tendance à oublier que d’autres pays dans le monde vivent dans l’extrême pauvreté, et qu’ils sont complètement laissés pour compte pendant cette crise… Un peu moins de nombrilisme ferait beaucoup de bien à l’humanité…