Comme à chaque second vendredi de chaque mois d’octobre, le roi Mohamed VI fera demain, vendredi 9 octobre, le discours d’ouverture de la nouvelle année législative devant les élus des deux chambres du Parlement marocain.
Que dira-t-il? Fera-t-il de nouvelles annonces comme par le passé pour, entre autres, la réforme de la Moudawwana, l’abaissement de l’âge de candidature aux élections, la loi sur les partis? Rares sont ceux qui savent. Mais dans la vie politique du pays, animée en grande partie par les initiatives émanant du roi, les attentes sont nombreuses. Certains voudraient bien que l’annonce tant attendue des réformes constitutionnelles soit enfin faite. D’autres, à l’autre bout, souhaiteraient que des balises soient érigées pour mieux délimiter les champs des libertés.
Si l’on jette un oeil sur les discours des dix années précédentes prononcés à la même occasion, il est frappant d’y trouver des passages qui donnent à réfléchir sur le fonctionnement de ce pays.
Ainsi donc sur l’éducation :
« La première question concerne l’enseignement, … , Notre objectif est de former un bon citoyen capable d’acquérir les connaissances et les compétences tout en étant profondément attaché à son identité et fier de son appartenance, conscient de ses droits et de ses devoirs, appréhendant parfaitement le fait local, ses obligations civiques et ses engagements vis-à-vis de lui-même, de sa famille et de sa communauté, disposé à servir sa patrie avec loyauté, dévouement, abnégation et sacrifice, à compter sur lui-même et à faire preuve d’esprit d’initiative avec confiance, courage, foi et optimisme. » (8 octobre 1999)
« Le décollage économique et la création d’emplois productifs ne peuvent se faire sans la mise en oeuvre optimale de la réforme du système d’éducation et de formation, car malgré les étapes franchies en la matière, le plus difficile reste encore à faire, à savoir la réforme qualitative de la formation, l’éradication de l’analphabétisme, tout en engageant, avec courage, la recherche de nouvelles ressources financières. » (11 octobre 2000)
Mais il y a aussi les instructions qui ne sont pas encore mises en œuvre :
« Nous attendons des deux chambres qu’elles procèdent à la révision de leurs règlements intérieurs en instaurant une coordination entre elles à travers la formation de commissions mixtes, tant nous considérons qu’elles ne constituent pas deux parlements distincts, mais deux chambres d’un seul et même parlement. » (8 octobre 1999)
« Nous sommes fermement attaché à la préparation, fondée sur de larges concertations et des apports spécialisés, d’une charte nationale adéquate, permettant d’introduire des changements profonds et exhaustifs dans le domaine de la Justice. » (12 octobre 2007)
« Notre décision de mettre en place le Conseil économique et social participe de Notre attachement à une mise à niveau institutionnelle globale et constante. Nous engageons le gouvernement à diligenter la préparation du projet de loi organique concernant cette institution et à en saisir le parlement avant la fin de l’actuelle session. » (10 octobre 2008)
« Parallèlement à la mise en garde que Nous lançons contre l’irresponsabilité et la mauvaise gestion, même de la part d’un élu ayant obtenu une forte majorité, Nous tenons à rappeler en particulier Nos Hautes Instructions visant la pénalisation d’actes favorisant la prolifération de l’habitat insalubre et l’application ferme, efficace et sans complaisance de la loi à l’encontre de tous les manipulateurs. » (10 octobre 2003)
Il y a également des passages très clairs sur la Démocratie, les mentalités et le développement :
« Est-ce donc une fatalité pour nous que la pratique démocratique saine soit un rêve gâché ou un mirage trompeur ? » (13 octobre 2000)
« Le passage au Maroc de demain ne peut se faire sans rupture avec les mentalités sclérosées, la consécration d’une culture et d’une éthique de l’action, la nécessité de compter sur soi et de faire preuve de persévérance, de rectitude et de dévouement au service de l’intérêt général, car la logique du progrès implique nécessairement un système social et politique basé sur de nouveaux comportements. » (13 octobre 2000)
« La démocratie que Nous appelons de Nos voeux n’atteindra sa plénitude que lorsque Nous viendrons à bout de ses entraves structurelles, en l’occurrence, l’analphabétisme et la pauvreté, tout en renforçant le rôle des partis politiques – à travers l’adoption d’une loi les concernant – et en s’attelant à la moralisation de la vie publique. » (11 octobre 2000)
« Aujourd’hui, comme demain, ce qui est en jeu au Maroc, ce n’est pas le choix entre des courants politiques, parmi les différentes sensibilités. Il s’agit plutôt de trancher entre la démocratie et l’engagement, d’un côté, et le désordre, le gâchis et le défaitisme de l’autre ; entre la modernité et l’ouverture, d’un côté, et le fanatisme, l’ostracisme et l’isolement de l’autre. » (11 octobre 2000)
« Nous ne cesserons, néanmoins, de poser la question essentielle suivante : l’élection est-elle une fin en soi, marquant l’aboutissement ultime du parcours ? Assurément non, car le respect de la volonté populaire exige de se défaire de la mentalité de la démocratie des sièges, au profit d’une adhésion franche aux vertus de la démocratie du développement. » (10 octobre 2003)
On trouve aussi des éléments de réponse sur la réforme institutionnelle:
« Nous souhaitons, à travers cette mise à niveau politique globale, baliser le chemin pour une réforme institutionnelle profonde visant à consolider les assises d’un Etat fort de sa monarchie constitutionnelle et citoyenne et de ses institutions démocratiques responsables et efficientes, et s’appuyant sur un développement humain durable et sur les règles de bonne gouvernance. » (14 octobre 2005)
« La réforme institutionnelle à laquelle Nous sommes attaché ne devrait pas occulter pour nous le risque qu’elle encourt de rester purement formelle sans développement humain, ou de n’être qu’une sorte de luxe politique aux yeux des masses populaires, dont la préoccupation majeure est de disposer d’un travail qui leur assure le minimum requis pour mener une vie digne, et d’un revenu licite, adéquat et honorablement acquis. » (14 octobre 2005)
Et même un engagement fort pour la lutte contre la corruption:
« Nous avons, certes, conscience que la corruption est un fléau qui n’épargne aucune société. Néanmoins, nous n’entendons pas pour autant, nous y résigner comme s’il s’agissait d’une fatalité incontournable. Il est grand temps, en effet, de prendre à bras le corps ce phénomène pernicieux aux effets néfastes qui sont autant d’entraves au développement, et d’atteintes à la loi, à la citoyenneté et aux prescriptions religieuses. » (10 octobre 2008)




Depuis quelques années.le gouvernement est resté spéctateur des événements qui ont fait la une au Maroc. Les ministres (sauf celui de l’intérieur) n’en savaient pas plus que le vendeur de menthe du coin. La délégation trop facile de pouvoirs a fait que les décideurs sont souvent absents et seuls des débutatnts anonymes agissent en toute impunité grace au vide politique laissé par un gouvernement en carton.
C’est tout le systéme qu’il faut réformer en commencant par le haut de l’escalier:des hommes rompus a la corruption et aux comptes bancaires a l’étranger doivent’rentrer chez eux’ et laisser la place a des cadres citoyens mieux formés.
La proximité de l’Europe et le nombre exorbitant de marocains a l’étranger imposent au Maroc des réformes réelles,rapides et efficaces.