Côté raison
Il existe un autre enjeu, plus stratégique et ne se basant pas sur les seules considérations philanthropiques. Là encore les données sont claires. Pour atteindre l’objectif d’une élévation de température limitée à +2°C, il faut un niveau d’émissions globales d’environ 44 à 48 gigatonnes (Gt) d’équivalent CO2 en 2020, 35 Gt en 2030 et 20 Gt en 2050. Nous sommes aujourd’hui à 50 Gt.
La consommation mondiale de pétrole, mise à l’index pour les émissions de CO2 qu’elle provoque, est actuellement de l’ordre de 85 millions de barils par jour. Parmi lesquels 25 millions le sont aux Etats-Unis, 2,6 en Chine et 1,3 en Inde.
Le rapport 2009 de l’Agence Internationale de l’Energie a prouvé que les revenus cumulés des pays de l’OPEP devraient baisser de 16% entre 2008 et 2030 si un accord global de réduction d’émissions était atteint et appliqué.
Le même rapport reconnaît que de profondes transformations seraient nécessaires pour atteindre cet objectif. Dans le secteur des transports, par exemple, dominé par les carburants fossiles, 60% des ventes de voitures au niveau mondial devraient concerner, d’ici 2030, les voitures hybrides ou électriques.
Sans même agiter l’argument du « Peak Oil », une limitation drastique du recours aux énergies fossiles, et donc au pétrole, s’impose. Une nouvelle économie, basée sur de nouvelles sources d’énergies, doit donc voir le jour, confortée par des considérations de sécurité et de lutte contre le terrorisme.
Par conséquent, derrière les négociations sur le climat, se cache mal la course entre grandes puissances pour occuper les meilleures positions dans ce nouveau monde. Les experts s’accordent à dire que « la transition vers des économies sobres en carbone sera un moteur puissant de croissance, générateur de nouveaux investissements et d’emplois. C’est même le seul scénario de croissance viable à long terme. »
Aux Etats-Unis, la nouvelle administration pousse pour imposer le leadership américain dans cette transition. Des entrepreneurs américains influents demandent ouvertement une législation permettant le développement des technologies propres. « L’emploi : c’est cela l’enjeu, affirme l’un d’entre eux. La question maintenant est de savoir qui va fabriquer les batteries des voitures et qui aura donc les emplois crées. » Cette volonté de maîtriser l’avenir, en rompant toute dépendance à l’égard de pays hostiles, est soutenue par l’opinion publique. Dans un récent sondage, 77% des américains trouvent que le gouvernement fédéral devrait placer la promotion de l’énergie solaire en priorité nationale.
La Chine aussi est consciente de l’enjeu. Elle vient de mettre en place un plan ambitieux favorisant les énergies renouvelables et les technologies propres. Dans son rapport 2009 l’Agence Internationale de l’Energie a montré que si la Chine venait à appliquer les politiques qu’elle a annoncées en matière d’énergie, cela représenterait la moitié des réductions d’émissions nécessaires au plan global pour atteindre l’objectif de stabilisation en 2020.




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