La grève des transporteurs qui commence à avoir des conséquences graves sur le pouvoir d’achat des citoyens, notamment les plus défavorisés (pour se nourrir et pour se déplacer) n’en finit pas de révéler les dysfonctionnements de la gestion des affaires publiques au Maroc.
Dans son édito d’hier consacré au recul du gouvernement, l’Economiste disait ceci : « le recul du gouvernement ne calme pas les grévistes. Pourquoi se calmeraient-ils? N’ont-ils pas gagné avec la bénédiction (complicité?) des forces de police et de gendarmerie, alors qu’ils étaient ultra-minoritaires? « .
Cela voudrait-il dire que les forces de l’ordre ont poussé les transporteurs à bloquer le pays? Cela rappelle bien sûr de bien mauvais souvenirs (Chili, Allende, CIA…)!
En tout cas, il ne s’agit nullement d’un excès de langage passager, puisque le même journal récidive aujourd’hui dans son édito: » ce syndicalisme, comme le reste d’ailleurs, se trouve sous le contrôle de mystérieux pouvoirs. Avec tous les dangers que peut représenter une situation où la logique économique est reléguée au second plan. Cette crise montre que ce secteur veut conserver ses propres règles du jeu, son propre «code» et continuer de rendre des comptes uniquement à des lobbys puissants qu’on n’arrive pas à dompter ni à identifier les ramifications.»
Mystérieux pouvoirs, lobbys puissants? De qui s’agit-il? Ce journal qui n’a pas l’habitude de chercher la confrontation est-il allé trop loin? Car si au fond, le statu quo sur les routes marocaines ne bénéficie pas seulement aux transporteurs, mais bien aussi à tous ceux qui ouvrent la main et ferment les yeux face à leurs contraventions, d’un autre côté l’approche technocrate suivie jusqu’à présent pour traiter ce problème n’a mené qu’au pourrissement. L’actuel ministre Istiqlalien des transports, ancien directeur de l’administration du temps de Meziane Belfquih, Conseiller du roi en charge des grands projets d’infrastructure et de l’enseignement, présentera-t-il sa démission après ce désaveu cinglant? Ce même ministre qui a pris la liberté de commander et installer les radars fixes dans les villes et sur les bords des routes longtemps avant que la loi les instituant n’ait été voté par les représentants du peuple?
Sur un autre registre, le journal Al Massae, se fait l’écho d’attaques verbales lancées par Fouad Ali El Himma à l’adresse du ministère de l’intérieur, ses Walis et ses Gouverneurs, accusés de complicité avec les corrompus et les tricheurs dans les élections!
Manifestement, du mouvement au sommet est à l’oeuvre, mais en attendant l’issue, comme il est de coutume chez nous, même devant tant d’accusations aussi graves, vous n’aurez ni démissions, ni réponses, ni communiqués…






Je me suis posé moi-même la question de savoir qui gouverne ce pays dans un post mis en ligne tout à l heure …
Dans tous les cas, la situation est très bizarre au Maroc, depuis quelques jours…
Tu te poses la question de savoir s’il y aura des démissions. Mais, les démission sont déjà effectives ! Comment expliquer sinon cette situation que tu décris ?!!!
Mais, il est vrai qu’il y a démission et démission…
PS : qu’est ce qui se passe dans leplusbeaupaysdumonde ? Ces temps-ci les mauvaises nouvelles s’accumulent.
Je me suis posé cette question y’a bien une année quand les grèves ne dépassaient pas les 48h.
Maintenant! J’ai vu de mes propres yeux des syndicalistes au cabinet du premier ministre en JT svp! Là ça devient sérieux!
Les grévistes se sont-ils inspirés des syndicalistes français?
Ce qui se passe , entre l’adminisration concernée et les grévistes , est très marocain . Rien de grave , rien de sérieux …cette comédie débouchera sur un compromis boiteux . Et tout le monde aura l’impression d’avoir gagné …et la vie reprendra comme avant .
Quant à une démission éventuelle , inconcevable .. rendre le tablier , cela se passe ailleurs ..partout ailleurs , sauf ici .
C’est un faux problème , il y a eu carence de pédagogie .Il fallait expliquer , dans une langue accessible à tout le monde , au niveau de toutes les provinces . Laisser les concernés réfléchir , les retrouver , dans une deuxième phase , non pour parler , mais pour écouter .Pourquoi ne pas leur demander de faire des propositions qui leur semblent justes pour le pays , les citoyens , tous les citoyens , mes les chauffeurs ..tous les chauffeurs … Et avancer , à petits pas , dans l’instauration du nouveau code , quitte à l’étaler sur deux ou trois ans … C’est un point de vue d’un non-chauffeur lol