Obama, Sarkozy: des chefs qui s’engagent!

En France, comme aux Etats-Unis, la constitution donne au chef de l’Etat des pouvoirs exécutifs importants. Depuis leur élection, Obama et Sarkozy n’hésitent pas à en faire usage pour conduire les réformes promises durant leurs campagnes électorales respectives.

Ils doivent bien entendu tenir compte du pouvoir législatif . Ils doivent scruter attentivement les baromètres donnant l’évolution de l’opinion publique et la popularité qu’ils inspirent. Mais dans un cas comme dans l’autre, quelle que soit la position que l’on peut avoir à leur égard, et sans préjuger ni de la teneur ni des chances d’aboutissement, Obama et Sarkozy s’engagent sur des réfomes de société profondes et déterminantes. En s’engageant personnellement et en utilisant leur talent reconnu d’orateurs, ils mettent toutes les chances du côté de leur réussite politique.

Prenons deux exemples seulement. La taxe Carbone dans le cas de Sarkozy et le système de santé dans le cas d’Obama.

Dans le premier cas, l’enjeu est de taille. Il ne s’agit rien de moins que d’introduire des modifications dans la fiscalité qui touchent les deux choses auxquelles les français sont le plus attachés: le portefeuille et le confort.

Après quelques hésitations du gouvernement, avec des sondages défavorables, le président a fini par arbitrer et trancher.

Le 10 septembre, il donnait un discours pour annoncer sa décision, qui attendra la confirmation du Parlement bien sûr, mais qui a toutes les chances d’aboutir. Voici un extrait:

Depuis mon élection, j’ai voulu que notre pays prenne de l’avance dans tous les défis environnementaux. Parce que ces défis, mes chers compatriotes, sont inéluctables. Nous n’avons pas le choix. Ils sont devant nous. Le Grenelle de l’Environnement que nous mettons en oeuvre depuis deux ans et que j’avais promis dans ma campagne présidentielle est le vecteur de cet effort qui va permettre à la France d’être aux avant-postes de la croissance, mais de la croissance durable.

Dans le cas d’Obama, l’enjeu est encore plus décisif.

Le 9 septembre, il réunissait sénateurs et représentants au Capitole, pour s’engager personnellement dans une réforme destinée à rompre avec un système aberrant qui a conduit l’Amérique à être le pays avancé qui consacre le plus d’argent à la santé avec le rendement le moins bon.

Voici un extrait du discours d’Obama:

Nous ne sommes pas venus seulement pour nettoyer les crises. Nous sommes venus pour construire un avenir. Je suis venu vous parler d’un sujet central pour cet avenir. C’est celui de la réforme du système de santé. Je ne suis pas le premier président qui s’engage dans cette cause. Mais je suis déterminé à être le dernier.

La partie n’est pas gagnée: les lobbies des assurances privées et les conservateurs, toujours prompts à crier contre l’intervention publique dans les affaires privées, n’ont pas encore abandonné la bataille.

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3 Responses to “Obama, Sarkozy: des chefs qui s’engagent!”


  1. 1 politis

    A noter juste que Obama s’engage sur un combat qu’aucun président US n’a osé vraiment mener alors que Sarkozy lance des idées – parfois pertinentes – destinées surtout à asseoir son fantasme : être le premier partout!

  2. 2 kamal el yacoubi

    Ce sont les économistes et les financiers qui mènent le monde …les hommes politiques , malgré leurs acrobaties verbales et physiques , ne sont que des marionnettes au service du capital , cet ogre qui n’a ni foi , ni loi , ni frontières ; qui fait produire , au niveau de la planète , au moindre coût , des produits , souvent futiles , mais rendus nécessaires , grâce à la publicité ; les revend , sur tous les continents , empoche des bénéfices faramineux , et continue sa course folle ; sans respect , ni pour l’homme , ni pour la nature , vers une catastrophe inévitable et planétaire , à court ou à long terme . Voilà la vérité que l’on refuse de voir , par intérêt ou par crainte ; le reste n’est que mystification, imposture et tromperie .

  3. 3 Abou Mehdi

    J’ajouterais que si Obama à une vision nationale et surtout sociale (et non socialiste comme ses ennemies l’affublent) Sarkozy lui est le Mr sais tout, qui ne se trompe jamais, a une approche orientée vers la defense des interêts d’une classe bien précise : ceux qui possédent (voir le paquet fiscal, les réductions de l’effort en matière de SS, etc…

    En clair l’approche Sarkozy m’inquiétte beaucoup car il y a une tendance hégémonique du pouvoir qui me fait peur : les autres « décideurs » n’étant là que pour avaliser et mettre enforme : cela ne vous rapplle rien du tout ici ?

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