Quiconque entre dans un Mc Donald’s de n’importe quelle ville marocaine sera frappé par un contraste saisissant. Derrière le comptoir, l’employé qui vous sert est marocain. Et pourtant, il est affairé, discipliné, souriant, propre, organisé : il est à l’aise ! On peut faire de nombreux reproches à la nourriture et à la philosophie des Fast Food américains : là n’est pas le sujet. Ce qu’il faut retenir c’est que cet employé marocain navigue dans un système qui lui permet d’offrir le mieux de lui-même tout en étant rentable pour la compagnie qui l’emploie, le forme et lui fait confiance. Ceux qui se demandent de quel type de réforme parlons-nous comprendront à partir de cet exemple que la réforme que nous voulons est celle qui nous fait passer d’un régime de personnes à un régime d’institutions fonctionnant au mérite et assujetties à la sanction. Il n’y a rien à inventer : des personnes limitées dans des institutions justes et efficaces donneront de meilleurs résultats que des individus brillants dans des institutions gangrenées. Mais cela ne suffit pas pour se projeter dans l’avenir. Il faut que les individus soient capables de faire vivre ces institutions, qu’ils s’y reconnaissent pleinement (ce qui n’est évidemment pas le cas des Mc Donald’s : l’analogie s’arrête là !).
La réforme dont a besoin le Maroc, qui vit sous le régime le moins aberrant de ceux que connaissent la plupart des pays composant la Ligue arabe, est un processus qui doit aboutir à une société où la population vit en paix, tournée vers l’avenir, librement, qui vit avec son temps, sans complexe, ayant des droits et des devoirs acceptés et appliqués par tous dans l’intérêt de tous. Une réforme qui accélère la conscientisation des citoyens, la généralisation de l’instruction et l’élévation du niveau d’autonomie individuelle, et notamment de la femme.
Nécessitant courage et autorité, avec un échéancier qui ne coïncide pas avec celui des opérations électorales, la réforme doit être du type de celles engagées dans d’autres pays, en d’autres temps, qui transforment le cours des choses, provoquent le sursaut, suscitent les mutations culturelles et sociales douloureuses mais nécessaires.
Nos gouvernants ont pendant trop longtemps fait leur la maxime de Lyautey : « Ne pas offenser la moindre tradition, ni changer la moindre habitude! »
S’il y a un enseignement à retenir du sondage censuré de cet été, ce n’est pas la controverse liée à l’opportunité ou à la fiabilité du sondage. Ce qu’il est bon de méditer c’est la réponse ambivalente de l’opinion publique qui approuve presque unanimement l’action du roi mais n’est favorable qu’à moitié à la principale réforme de son règne pour la modernisation du code de la famille !
On voit donc bien se dessiner l’argumentaire de ceux qui sont pour une monarchie conservatrice alliée objective du courant qui veut imposer à la population de retourner quatorze siècles en arrière. Mais on voit bien aussi la naïveté de ceux qui se focalisent sur la Constitution faisant croire que le simple amendement de l’article 19 projetterait le pays dans la première division mondiale de la gouvernance. Et on perçoit encore mieux le danger de la proposition de ceux qui prônent l’alliance des deux extrêmes.
A suivre…




Je n’ai pas très bien suivi ton raisonnement mais je suis d’accord sur le fait que ce n’est pas un amendement-miracle du texte de la constitution qui projettera le Maroc dans la démocratie!
Les textes ne valent que par ce qu’on en fait!
je suis totallement d’accord avec toi, et je voudrais ajouter
que la clef du developpement au maroc selon moi, serai une democratisation du system(un premier ministre ayant plus de pouvor, une justice independente du minstére, des Medias libres…). Pour moi, ces ‘progres’ que le maroc a fait durant ces dernieres annes son tres minces.
J’ai lu avec interet tes 2 billets, et j’aime bien l’exemple du Mc Do, et on peut en citer d’autres, de PME de differents secteurs, dirigees par des etrangers. Leurs salaries marocains donnent le meilleur d’eux memes car ont droit a plus de consideration et se sentent impliques dans la marche de l’entreprise.
Malheureusement, la societe marocaine a beaucoup change, et la descente aux enfers amorcee. Les valeurs morales de nos ancetres (honneur, honnetete, travail, sens du devoir, amour du pays, respect d’autrui) en passe d’etre definitivement perdues. Nous sommes en passe de perdre les acquis de siecles de traditions et de valeurs. Et a cela, la reforme que nous esperons, d’ou qu’elle vienne, ne pourra pas remedier. Dommage !!
L’ennemi du Maroc , ce qui bloque tout progrès , ce qui empêche le Maroc d’avancer , ce qui écoeure les habitants du pays , Marocains et etrangers , ce qui pousse les gens à vouloir immigrer n’importe où et n’importe comment , ce qui décourage les investisseurs , ce qui déçoit les élites formées hors du territoire , ce qui dégoûte les aînés ( pour ne dire les vieux ): ceux qui ont fait de vrais sacrifices pour ce pays , ce qui pousse au désespoir les hommes de bonne volonté qui veulent faire quelque chose pour et dans ce pays , c’est son ADMINISTRATION….
Privatiser , et pour quoi pas , l’administration et toute l’administration et , au cours d’une génaration , vous verrez le Maroc rejoindra les pays du peloton de tête …
j’ai lu ton post avec intérêt, par contre l’exemple du Mc Do, je ne suis pas d’accord du tout : inefficacité, lenteur, manque d’organisation sont les mots d’ordre dans cette institution. Ils sont complétement paumé, pas un pour rattraper l’autre, et le mc do devient slow food…
Bonjour, dans l’article que veut dire cette phrase: retourner quatorze siècles en arrière ? si ça veut dire l’époque du Prophète Mohammad il faut que vous sachiez que pour tous Musulmans ayant un peu de connaissance Musulmane que s’était la meilleur période de l’histoire.