
LACMA
Tous ceux qui reviennent au Maroc après une absence de quelques années vous le diront : des changements réels se sont produits dans le paysage marocain. Ils vous parleront des centres urbains rénovés et des villes qui s’étendent. Des îlots de prospérité, du parc automobile, des téléphones portables banalisés, des grandes surfaces. Ils avoueront leur étonnement devant la rapidité du rattrapage au niveau des infrastructures. Vous n’y trouverez rien à redire. Indiscutablement, pour faire bref, il y a réussite dans les trois B : Béton, Bitume, Briques. Un visiteur averti vous rappellera même ce qu’il a lu dans quelques rapports sur la relativement bonne santé financière. Vous ne pouvez qu’en convenir. Mais quelque chose vous gêne : tout n’est pas aussi simple. En fait, tout cela ne vous rassure pas, car vous n’êtes pas dans la peau de l’interlocuteur qui n’est que de passage, qui ne se préoccupe pas du long terme.
Dans la discussion, vous tiendrez compte de l’immensité de la tâche héritée d’un passé tumultueux, du contexte mondial perturbé, des contingences régionales.
Mais vous n’êtes pas dupes. En y regardant de plus près, en écoutant les gens, en regardant les infos à la télé, en parcourant les journaux, en assistant à quelques réunions publiques ou privées, sans même jeter un œil sur le classement du PNUD, chacun peut se rendre facilement compte que la société marocaine reste profondément sous-développée.
En creusant davantage, en regardant derrière les façades, on s’aperçoit que beaucoup de maux rongent cette société, sans douleur, comme une fuite de gaz empoisonne l’air d’un local fermé.
Qui ne connaît l’absence de confiance qui marque les rapports entre autorités et citoyens, qui conteste encore la défaillance des services publics (transport, justice, éducation, santé), qui peut encore ignorer cet attachement maladif aux signes extérieurs de la religiosité, qui ne voit cette propension aventureuse à la consommation ? Et cette cacophonie linguistique qui menace le lien social et empêche toute communication structurée ?…Et surtout, surtout, qui peut nier cet indicateur qui ne trompe personne : ce désir fou, ce rêve avoué, qui agitent les esprits, surtout chez les jeunes, de quitter le pays, au plus vite, d’aller tenter la chance ailleurs ? De ces jeunes, combien en resterait-il ici si d’aventure nos voisins du Nord venaient à supprimer le fameux Visa ?
Il faut se le dire sans détours : au fond, les choses ne vont pas bien ! Il y a grand besoin de sursaut, de réformes profondes, si l’on veut que la situation se redresse, si l’on veut que le pays décolle vraiment.
Besoin de réformes ? Personne ne peut le contester ! Dans les dix discours du Trône prononcés par Mohamed VI depuis son intronisation, le mot réforme a été mentionné 117 fois pour évoquer tous les secteurs de la vie du pays : une moyenne de presque 12 fois par discours avec une pointe de 18 fois en 2004 et en 2008 ! C’est dire qu’au plus haut niveau de l’Etat, la réforme est ressentie comme indispensable.
Mais qui la veut vraiment ?
A suivre…




Le fait est que le souverain VEUT la réforme et il a commencé par son cercle le plus proche et le plus personnel.
Bien que certains prétendent qu’il détient TOUS les pouvoirs, il ne peut changer la mentalité des marocains!
C’est instructif le chiffre 117 fois pour le mot réforme. Comme quoi, nos dirigeants sont animés par le changement, mais la variante sociale reste la plus grande ambigue…
Certes on veut la « réfome », mais on veut pas sacrifier pour. Et ceci à tous les échelons. Ceci, évidemment, concernent ceux animés de bonne foi
Qui veut la réforme est une bonne question et je suis sûr que tu en trouveras des réformateurs. De ce côté là c’est presque le trop plein. Mais quid du contenu de la réforme ?
J’espère que tu aborderas le sujet dans la suite.
Il me semble qu’il y’a confusion entre progrès et réforme …
Le progrès se fait , qu’on le veuille ou non , surtout de nos jours ,avec tous les médiats disponibles …les Marocains , sans passer par l’école , savent utiliser le cellulaire et pas mal d’aures gadgets éléctroniques et se débrouillent comme des grands , dans tous les domaines . Ce sont d’excellents imitateurs et arrivent souvent à s’exprimer dans des langues étrangères qu’ils n’ont jamais étudiées . C’est Paul Bawles qui a dit que le seul pays au monde où un quémandeur peut mendier en sept langues , c’est la Maroc .
Mais tout cela n’est que vernis , vitrine , façade , apparence et brillant . La réalité est tout autre .Les gens laissent l’impression d’être fatigués de faire semblant d’être ce qu’ils ne sont pas . Ils ont trop de masques dans leur garde robe . C’est triste et attristant à la fois , de vivre toute une vie , et la seule qu’il nous ait été donné de vivre , à faire semblant ..
Quant aux réformes , nous avons à choisir , surtout à partir de 2012 , entre les faire ou les subir .
erreur de frappe :..peut quémander en sept langues, c’est le maroc et non la Maroc .
Oui.il y a réussite dans les trois B : Béton, Bitume, Briques.Mais ce qui est encore non discutable c’est que l’absence totale d’arbres et d’espaces verts saute aux yeux des étrangers,pas ceux des Marocains. Allez voir les petites villes comme Tiflet, Khémisset,Salé: des villes a détruire au deux tiers car elles ressemblent plutot a l’Afghanistan ! Des municipalités ont vendu tous les terrains en oubliant méme la place des trottoirs. Allez-y voir.
Autre exemple: Temara et Skhirat ne sont qu’un tas de murs relativement neufs mais attendez 2015 pour voir a quoi cela ressemblera. On construit un appartement a 35 millions mais on veut le vendre a 150 millions, pas moins.
Pour les supermarchés. ils tuent définitivement l’espoir de batir une petite industrie marocaine:on importe,on vend et on consomme. c’est tout.
Il va sans dire que les 3 B prospèrent et gagnent du terrain (sans jeu de mots ! ) … c’est visible MAIS ce qui est plus visible encore , c’est le manque de goût avec lequel tout cela est réalisé . Les tracés de route , les revêtements des trottoirs , l’éclairage public , les lotissements , les éspaces verts ..tout cela est fait , apparemment, sans plan d’ensemble , sans esthétique , la laideur et le mauvais goût sont omniprésents .
Je pense qu’il est URGENT de créer au niveau des willayas et provinces , des cellules d’esthétique , composées de gens qualifiés .