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	<title>Vues du Maroc &#187; Flashback</title>
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		<title>Il y a douze ans</title>
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		<pubDate>Fri, 29 May 2009 08:01:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Taha Balafrej</dc:creator>
				<category><![CDATA[Flashback]]></category>

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		<description><![CDATA[Le 27 mai 1997, quelques jours avant le déroulement des élections communales du 13 juin 1997, je publiais l&#8217;article suivant: 
Aéroport Mohamed V à Casablanca. Les passagers descendent de l’avion qui vient de s’immobiliser. Parmi eux, une dame d’un certain âge, habillée à l’occidentale, arrive à la dernière marche. Elle s’arrête, s’agenouille et embrasse le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le 27 mai 1997, quelques jours avant le déroulement des élections communales du 13 juin 1997, je publiais l&#8217;article suivant: </strong></p>
<p>Aéroport Mohamed V à Casablanca. Les passagers descendent de l’avion qui vient de s’immobiliser. Parmi eux, une dame d’un certain âge, habillée à l’occidentale, arrive à la dernière marche. Elle s’arrête, s’agenouille et embrasse le tarmac. Le visage rougi par l’émotion, les yeux larmoyants, la dame était indifférente aux regards des autres. Elle avait la mine réjouie, fière du geste qu’elle venait d’accomplir. De l’affection qu’elle venait d’exprimer pour le pays dont elle venait de fouler le sol. Quelle que soit l’appréciation qu’on peut faire d’un tel acte, il est clair qu’il était sincère, traduisait le bonheur d’une retrouvaille, d’un retour, célébrait des souvenirs. Il est connu que notre pays exerce sur les coeurs et les consciences un magnétisme affectif fort et parfois indescriptible. Cela peut sembler ringard de tenir ce genre de propos. Mais loin de tout chauvinisme, de tout patriotisme de circonstance, de tout nationalisme étroit, la dimension affective doit aussi déterminer l’action politique.  Or de l’aveu de tous, ce pays que nous aimons tant, se trouve empêtré dans une situation délicate. Il est confronté à des défis importants, vitaux. Pour s’en sortir, il a choisi une voie consensuelle. Celle de la construction démocratique. Pas à pas. Jalon après jalon. Pour y arriver, de nombreuses années de formation et d’apprentissage, sont nécessaires. Pour réussir, l’engagement de tous est indispensable.  Mais ces bonnes paroles, ces précautions, ces considérations objectives, rationnelles et claires butent sur des logiques négativement manoeuvrières, sur des ambitions malsaines. Sur des appareils qui ont des logiques et des visions qui tranchent avec le bon sens. Alors, paradoxe ? La démocratie tue-t-elle la démocratie ? L’ouverture de l’espace politique ne peut-elle profiter qu’aux adversaires de la démocratie ?  	Lisons ce qu’en dit G. Halimi dans son livre « l’embellie perdue » :	« En vérité, les partis, de courroie de transmission entre les électeurs et l’Etat, se sont mués, par leur fonctionnement, leurs procédures, en filtre de la volonté générale, puis en écran entre elle et l’Etat, et enfin en réseau de pouvoir pour tenir le pouvoir. Leur évolution et leur exigence de discipline, renforcés par un centralisme implacable, ont accru le fossé entre eux et l’ensemble des citoyens, dépossédés du pouvoir de choisir des représentants de la société civile, dont l’initiative, la compétence, les facultés créatrices apporteraient une autre vision, un autre projet de société ». 	Elue députée en 81 dans un pays démocratique, sous la bannière socialiste, G. Halimi sait de quoi elle parle. Elle termine son constat par cette conclusion : « Je sais bien. Si l’on refuse le système, il faut en sortir. Si la conscience est blessée, s’en aller. Mais le dilemme est-il aussi simple ? »</p>
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		<title>Le 12 mars 1997, dans &#171;&#160;Libération&#187;&#160;</title>
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		<pubDate>Tue, 10 Mar 2009 21:06:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Taha Balafrej</dc:creator>
				<category><![CDATA[Flashback]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce jour là, je publiais un article sur les élections communales qui devaient avoir lieu en juin 1997. En voici quelques extraits:

Maintenant que le Souverain a donné les deux dates limites de l’échéancier électoral, à coup sûr, les imaginations vont se débrider et les calculs aller bon train. Dans de nombreuses têtes, la phrase « [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ce jour là, je publiais un article sur les élections communales qui devaient avoir lieu en juin 1997. En voici quelques extraits:</p>
<blockquote>
<p class="MsoNormal"><em>Maintenant que le Souverain a donné les deux dates limites de l’échéancier électoral, à coup sûr, les imaginations vont se débrider et les calculs aller bon train. Dans de nombreuses têtes, la phrase « pourquoi pas moi » va tourner et tourner jusqu&#8217;à finir par s’installer. Et vu la qualité de la majorité de ceux qui occupent le terrain actuellement, il est normal que tout un chacun se livre à cet exercice onirique et cherche même à le concrétiser. En l’absence de cellules de formation au sein des partis, de filtres de sélection ou de moyens de canalisation dans la société, tout un chacun peut s’improviser candidat et afficher les ambitions les plus hautes.</em></p>
</blockquote>
<p class="MsoNormal"><em>En attendant qu’une vraie droite se structure et voie le jour, les actuels représentants de cette mouvance ne lui rendent pas service. D’ailleurs, lorsque la question leur est posée, ils répondent qu’ils ne sont ni de droite ni de gauche. C’est logique, puisque pour eux, il n‘y a que deux choses qui comptent : les relations et le portefeuille. Fervents adeptes de la devise : « tous les chemins mènent à Rabat », pour eux les programmes, les valeurs, les idées, les idéaux, le long terme, les projets, le dialogue, la construction, l’écoute du citoyen ; tout cela n’est que de la menue monnaie. Par contre, l’hypocrisie, la versatilité, la malhonnêteté, l’opportunisme représentent les valeurs de base sans lesquelles aucun succès n’est envisageable.</em></p>
<p class="MsoNormal"><em>Pour ces gens-là, la fidélité à une appartenance partisane ou à une conviction idéologique ne comptent pas. Aux dernières élections, l’un d’entre eux s ‘est présenté à cinq suffrages, avec à chaque fois, une étiquette différente. Mais cela ne pose aucun problème, puisque seuls comptent les appuis dont il dispose et l’apport sonnant et trébuchant qu’il mettra dans l’escarcelle du parti auquel il demandera l’investiture. </em></p>
<p class="MsoNormal"><em>Ces hommes-là ne lisent pas, ne travaillent pas, n’ont aucun sens du service public. Ils n’ont jamais fait d’études supérieures ni fréquenté les lieux du savoir et de la connaissance. Ne comptez surtout pas les voir parmi le public d’une pièce théâtrale ou à une quelconque manifestation culturelle. En revanche, ils sont prompts à s’afficher dans tous les lieux où il fait bon se montrer. De préférence, lorsque des caméras sont à l’œuvre et surtout lorsqu’une présence ministérielle est annoncée. En société, ils offrent le spectacle désolant des parfaits arrivistes.</em></p>
<p class="MsoNormal"><em>Ils sont tous PDG de société, voire de plusieurs à la fois. Mais pour eux, les affaires ne peuvent se faire que lorsque l’on dispose d’une couverture politique. Alors ils ne lésinent pas sur les moyens. L’un d’entre eux, héritier d’une fortune que la rumeur locale dit astronomique, est prêt à tout dilapider pour assouvir ses obsessions politiques. Un autre vend à chaque élection une partie de ses biens pour le même objectif. </em></p>
<p class="MsoNormal"><em>Entre eux, règnent des rapports ambigus mais réglementés. Ils copinent, s’acoquinent ou se chamaillent selon les saisons et les humeurs. Sachant qu’il y a moins de places que de prétendants du même bord, ils sont prêts à toutes les compromissions mais aussi à asséner les coups les plus tordus.</em></p>
<p class="MsoNormal"><em>Pour la saison électorale qui s’ouvre, ils ont déjà les pieds dans les starting-block. Leur tactique est claire et simple. Ils postuleront à tous les mandats. Non parce qu’ils ont en tête le projet de développer une commune ou de participer au rayonnement d’une chambre professionnelle. Mais tout simplement, parce que ces mandats donnent droit à la candidature au suffrage indirect.</em></p>
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		<title>De Hassan II à Kennedy</title>
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		<pubDate>Sun, 15 Feb 2009 00:58:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Taha Balafrej</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Photo du cadeau offert par le roi Hassan II à Mme Kennedy lors de sa visite officielle aux Etats-Unis en mars 1963&#8230;
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Photo du cadeau offert par le roi Hassan II à Mme Kennedy lors de sa visite officielle aux Etats-Unis en mars 1963&#8230;<img class="alignleft size-full wp-image-595" src="http://www.tahabalafrej.org/wp-content/uploads/2009/02/boston-278.jpg" alt="" /></p>
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		<title>Le concierge et le ministre</title>
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		<pubDate>Sat, 31 Jan 2009 17:12:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Taha Balafrej</dc:creator>
				<category><![CDATA[Flashback]]></category>

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		<description><![CDATA[Il y a de cela dix ans, le 26 janvier 1999, je publiais cet article dans "Libération" ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!--[if gte mso 9]><xml> <w:WordDocument> <w:View>Normal</w:View> <w:Zoom>0</w:Zoom> <w:HyphenationZone>21</w:HyphenationZone> <w:PunctuationKerning /> <w:ValidateAgainstSchemas /> <w:SaveIfXMLInvalid>false</w:SaveIfXMLInvalid> <w:IgnoreMixedContent>false</w:IgnoreMixedContent> <w:AlwaysShowPlaceholderText>false</w:AlwaysShowPlaceholderText> <w:Compatibility> <w:BreakWrappedTables /> <w:SnapToGridInCell /> <w:WrapTextWithPunct /> <w:UseAsianBreakRules /> <w:DontGrowAutofit /> </w:Compatibility> <w:BrowserLevel>MicrosoftInternetExplorer4</w:BrowserLevel> </w:WordDocument> </xml><![endif]--><!--[if gte mso 9]><xml> <w:LatentStyles DefLockedState="false" LatentStyleCount="156"> </w:LatentStyles> </xml><![endif]--></p>
<p class="MsoNormal"><strong> </strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;">Le concierge de l’immeuble où j’habite ressemble à tous ceux d’entre nos concitoyens que les statistiques classent dans la frange inférieure des catégories sociales. Il est père d’une famille nombreuse, il a quitté sa campagne natale et, pour lui, insuffisamment productive pour venir chercher du travail en ville. Il fait partie des chanceux dont la recherche a pu aboutir.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Alors, il est là tous les jours que le bon dieu fait, installé sur un vieux fauteuil de récupération à l’entrée de l’immeuble ou sur le trottoir d’en face selon l’ensoleillement. Quant au travail pour lequel il est payé, il a tout simplement trouvé le moyen de le sous-traiter. C’est sa femme qui s’en occupe. Elle fait le ménage et veille à la propreté des lieux. Lui, il somnole sur son fauteuil, la tête protégée par sa <em>taguia</em>, un couvre chef dont il ne se sépare jamais. Lorsqu’il se lève, c’est pour faire quelques pas jusqu’au détaillant de cigarettes. Il en achète une et revient à ses méditations.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Notre concierge a très bien saisi les règles de fonctionnement de la société d’aujourd’hui. Et surtout la plus importante d’entre elles : tout est basé sur l’argent, et tout se monnaie. Même les plus petits services. Même le sourire. Vous lui tendez la main pour dire bonjour, il vous offre la sienne et vous gratifie d’un sourire dont la largeur dépend de la valeur du billet que vous lui glissez. Si à la fin du mois vous lui donnez plus que son dû, il sera avenant avec vous. Il fera quelques efforts pour vous être agréable. Dans le cas contraire, il ne vous verra même pas passer.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Car voyez-vous, notre concierge comme tout le monde d’ailleurs, trouve qu’il est sous-payé pour le travail qu’il fait. Alors il rééquilibre ses bilans comme il peut.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Mais à y voir de plus près, notre concierge n’est pas ce qu’on pourrait qualifier de pauvre. Il est logé, et même souvent nourri par les résidents de l’immeuble. Il dispose même d’une télé. Mercredi dernier, il a regardé le match de football. Il a regretté la défaite imméritée de notre onze national. Mais à la fin du match, il n’a pas zappé sur l’autre chaîne. Il n’a pas fait ce que les responsables de nos deux chaînes ont prévu que le téléspectateur moyen ferait. Le foot puis la politique, c’était entendu dans cet ordre. Non, lui, il en est resté au foot. Et il est allé se coucher. La politique ne fait pas partie de ses centres d’intérêt.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Il n’aura donc pas vu notre ministre des finances se débattre pour convaincre le contribuable à plus de sens civique et de citoyenneté. Il ne l’aura pas entendu répéter des centaines de fois un tic de langage révélateur d’embarras et d’incertitude. Notre concierge s’est fixé d’autres règles pour mener sa vie&#8230;</p>
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